Quels sont les différents types de dispositifs ANC ?

Au-delà du simple clivage entre « filières traditionnelles » et « filières agréées » qu’on trouve dans les textes de loi applicables*, on peut répartir les dispositifs ANC en 4 grandes familles de différents types de dispositifs ANC :

 

1. Les filières traditionnelles

 

Le dispositif ANC le plus connu est certainement la fosse toutes eaux, qui a succédé à la « fosse septique » des générations antérieures, avec son épandage (tranchées d’épandage, filtre à sable,…). Ces « filières traditionnelles » font appel au pouvoir épurateur du sol, dans lequel des bactéries digèrent les matières contenues dans les eaux usées. Ces systèmes, qui ont pour principal atout d’avoir soi-disant « fait leurs preuves » au fil du temps**, présentent deux inconvénients majeurs : leur emprise au sol, qui est en général de l’ordre d’une centaine de mètres carrés, et la nécessité de recycler le sable d’assainissement au bout de 10 à 20 ans – soit une facture supplémentaire qui flirte allègrement avec les 10.000 euros et qu’on a fréquemment tendance à oublier au moment de la mise en place du dispositif.

 

2. Les filtres compacts

 

Les filtres compacts , qui remplacent le sable par un massif filtrant de zéolithe, coco, laine de roche ou autre matériau, reposent sur un principe similaire à celui des filières traditionnelles. Leur emprise au sol est plus réduite (20 m2 environ), mais le coût du remplacement de leur média filtrant peut être rédhibitoire, quand les risques de colmatage ne sont pas négligeables pour certains d’entre eux.

 

3. Les systèmes alternatifs

 

Les systèmes alternatifs – filières plantées de roseaux et toilettes sèches – ont un petit côté écolo sympa, hélas occulté par un entretien des plus contraignant.

 

4. Les micro-stations d’épuration

 

Les microstations ont une emprise au sol extrêmement réduite, ce qui leur confère un énorme avantage en neuf (parcelles de dimensions souvent restreintes) comme en réhabilitation (impact limité sur le jardin qu’on a soigné des années durant…). En outre, elles rejettent des eaux déjà épurées dans le sol, au lieu d’eaux simplement pré-traitées comme c’est le cas des filières traditionnelles ; on les qualifie donc souvent de « procédés écologiques ». Elles se répartissent en 3 sous-familles :

a.) Les microstations à boues activées (ou microstations à culture libre) reprennent la technique la plus répandue en assainissement collectif. Ces microstations à boues activées génèrent malheureusement plus de boues que les autres systèmes, d’où des coûts de vidange élevés. En outre, elles sont très sensibles aux variations de charges, beaucoup plus marquées sur une habitation individuelle (absences en journée, visiteurs le week-end, absence pendant les congés d’été,…) que sur une ville entière, où les variations de charges s’équilibrent sur le volume global d’effluents traités. En résultent de fréquents problèmes de relargages de pollution, de flore bactérienne régulièrement dégradée, et donc de mauvaise digestion des nutriments contenus dans les eaux usées, avec les problèmes d’odeurs que cela peut engendrer.

b.) Les microstations dites « SBR » (à réacteur biologique séquentiel) sont une version évoluée des microstations à boues activées. Un système électronique embarqué relativement complexe permet de gérer des phases pendant lesquelles les eaux usées vont être traitées, puis décantées, puis évacuées ; l’usager peut régler ce système en fonction de ses besoins (périodes de congés etc.). La performance technologique des SBR est indéniable et leurs performances épuratoires en général sans conteste ; ces dispositifs sont tout à fait adaptés pour les terrassiers/installateurs et les usagers à l’aise avec les réglages électroniques – ainsi qu’avec la réparation de tels systèmes, parce qu’il convient d’être honnête : quand on achète une voiture neuve, la première chose qui tombe en panne, c’est……

c.) Les microstations à culture fixée sont habituellement considérées comme la technologie la mieux adaptée à l’habitation individuelle : peu génératrices de boues, elles enregistrent également les meilleurs résultats en terme de comportement sur variations de charges. En effet, la flore bactérienne, qui se fixe sur le support que leur offre le « lit bactérien » du compartiment d’aération, s’y développe plus ou moins en fonction des charges entrantes, selon un principe dit « auto-régulateur ». En outre, la recirculation des boues, quand elle renvoie les boues résiduelles vers le décanteur primaire (et pas vers le compartiment d’aération, comme on le voit parfois !), permet par simple gravité d’alimenter automatiquement les bactéries en eaux pré-traitées – et donc en nutriments – pendant les absences prolongées des occupants de l’habitation (vacances,…). Vous trouverez plus d’informations sur cette famille de microstations et sur leur fonctionnement dans les pages qui suivent.

Fonctionnement de la micro-station d’épuration à culture fixée

* Voir articles 6 et 7 de l’arrêté ministériel « prescriptions techniques» du 7 septembre 2009 modifié le 7 mars 2012.

** Même si l’étude Investig’+ menée par Veolia sur 500 filtres à sable démontre que ces filtres à sable « ne donnent les performances exigées des filières agréées que dans deux cas sur trois », tout en faisant comprendre que, parmi les filières traditionnelles, les filtres à sable tirent 100 fois mieux leur épingle du jeu que les simples tranchées d’épandage…

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